Vers le milieu des années 90, la PN commença à changer sa façon d’agir mais sans abandonner complètement les idées répressives face à la persistance de la violence des bandes. Néanmoins on a commencé à s’intéresser davantage à l’avenir des enfants et des jeunes et de rechercher comment aborder la violence d’une façon différente : on fit appel aux églises, aux chefs des quartiers, aux associations de familles etc. dans le but de s’adresser directement aux jeunes et de les intégrer dans des activités sportives et culturelles.

Il y a eu alors une évolution vers une politique préventive et éducative en contact avec la communauté. Une meilleure formation des policiers s’est avéré indispensable pour prendre en compte les droits des enfants. La PN créa une section spéciale pour intervenir auprès des jeunes. Des études furent réalisées sur la dynamique de la violence, les facteurs de risque, la violence à l’intérieur des familles.

On développa une méthodologie pour démobiliser les groupes juvéniles à risque avec le programme « NON A LA VIOLENCE » On réalisa parmi d’autres des forums de communication sociale pour le développement de l’enfant et des jeunes, et l’on promut des rencontres entre jeunes.

Entre 2002 et 2008, pour favoriser l’insertion sociale 2.400 jeunes ex-membres de bandes ont été intégrés dans l’organisation des fêtes patronales hippiques de Managua qui ont lieu chaque année au mois d’août.

La section jeunesse de la PN a des délégués dans les départements et districts. L’objectif principal est d’appliquer une méthode consistant à examiner la situation individuelle du jeune en difficulté et ses relations avec la communauté. Non seulement lui, mais aussi sa famille sont suivis sur le plan psychologique, afin d’améliorer leur auto-estime. Pour les jeunes ayant intégré des bandes ou qui ont des conflits avec la loi, les policiers se mettent en contact avec les habitants du quartier où ils sévissent, visitent chaque maison, proposent des activités sportives et cherchent à les intégrer dans des évènements sociaux.

Si le jeune accepte de changer sa conduite, on fait un contrat et s’il possède des armes, il les remet à la police.

En coordination avec les autres institutions de l’Etat ou privées, on recherche des moyens d’intégration.

Ces interventions se font surtout dans les quartiers où la violence persiste. Il n’y a toujours pas assez d’institutions qui collaborent et le suivi n’est pas toujours assuré faute de moyens financiers et de personnes. Ainsi certains jeunes retournent à leurs activités violentes.

Et comme en France, l’obtention d’un emploi reste difficile. Toutefois, les efforts de la police ont donné des résultats très positifs.

Ainsi, le Nicaragua est devenu le pays le plus sûr de toute l’Amérique Centrale.

Les jeunes en risque se réintègrent dans la société

(extrait du Nuevo Diario- 2014)

Plus de 700 jeunes de différents quartiers de Leon consommant et commercialisant des drogues sont intégrés dans un nouveau programme de prévention qui inclus une attention psychologique, des entretiens éducatifs et des activités de loisirs.

José Gabriel Reyes, 30 ans, fut un de ces jeunes drogués. Il y a quelques années, il a décidé de changer et a cherché l’appui d’organisations promouvant des programmes de réinsertion sociale.

À présent, il fait partie des jeunes bénévoles et donne des cours de danse et de théâtre.

En 5 ans, ce programme a déjà permis a de nombreux jeunes de changer de vie. Cinq ligues de baseball se sont formées dans différents secteurs de la municipalité avec l’appui de bénévoles, de chefs communaux et d’organisations de la société civile.

Terre des Hommes, Vinculo solidario et des églises évangéliques appuient ce programme de réinsertion sociale de ces jeunes considérés en grand risque social.