Les habitants de l’ile Ometepe, une des 7 merveilles naturelles du monde, se demandent pourquoi les chinois viennent prendre des mesures des maisons, alors que la route du canal passe par le lac.

Mais en plus du mégaprojet du canal, il y a les projets annexes. Et le concessionnaire veut faire un projet « Volcans Sigtseeing Resort » qui devrait se faire sur 7 km2 et qui est prévu sur l’espace allant de la piste d’atterrissage de l’île jusqu’à San José del Sur dans le flanc du volcan Madera.

C’est un endroit très touristique et quelques entrepreneurs, comme par exemple le propriétaire de l’Hôtel Charco Verde, regrettent le manque d’information et demandent que l’étude d’impact environnemental soit rendue publique.

Les habitants nomment fièrement leur île « Oasis de paix » Ils s’inquiètent de l’impact du projet sur les plages et le lac Cocibolca, le plus grand lac d’Amérique Centrale.

La tranquillité de l’île a été troublée par plusieurs manifestations contre le canal.

Dans toute la région les habitants furent majoritairement sandinistes. Dans le passé beaucoup avaient refusé de vendre leurs terres à Somoza qui voulaient y planter de la canne à sucre. A présent se sentir obligés à les vendre aux chinois pour le projet annexe d’un aéroport les pousse à changer d’opinion.

C’est pour cela à beaucoup d’endroits, qu’à la place du drapeau rouge et noir, on trouve désormais des inscriptions « dehors les chinois »

La déception s’exprime dans les phrases comme celle-ci : « Après avoir été le meilleur président pour les pauvres, il veut maintenant enlever la terre aux paysans. Nous ne voulons pas vendre nos terres, ni être indemnisés au prix du cadastre. »

Les projets de réparation des chemins ont été abandonnés lorsque les habitants ont montré leur opposition à la construction du canal. Le sentiment hostile aux chinois est partout perceptible.

Un profond malaise s’est installé dans la région.

Le CENIDH (centre des droits humains) s’inquiète également. Le déplacement forcé constitue une violation des droits humains alors que le gouvernement n’a pas créé de « banque de terres » pour réinstaller les familles.

C’est dans le département Nueva Guinea que la mobilisation contre le canal est la plus forte. 126 347 personnes vivent dans ce département et le réseau de développement local estime que 18 331 habitants seraient directement affectés par ce projet, soit 15% de la population. Ils ont commencé par photocopier la loi 84O, et elle a été distribué aux paysans.

Ceux qui l’ont analysé ont conclu que ce projet est défavorable aux Nicaraguayens. Le projet soulève donc une grande inquiétude parmi la population et face à tant d’incertitudes personne n’ose plus faire de projets.

Dans la zone des Caraïbes, le concessionnaire veut faire le barrage « Atlanta » afin de garantir l’eau pour le passage interocéanique. Les communautés de la zone devraient donc être déplacées et risquent de disparaître en tant que telles. 7000 familles seront affectées selon le calcul officiel, 109 000 selon le calcul du Centre Humboldt. Ils ont construit leurs maisons et cultivé leurs terres pensant pouvoir les léguer à leurs descendants. A présent ils se demandent où aller. Au sud il y a la réserve de biosphère Indio Maïz, où personne n’a le droit de s’établir. C’est pour cela que dans beaucoup de groupes, le mot d ‘ordre se développe « Nous allons résister, même s’il faut user de la violence ».