La bonne surprise fut que les premières semaines du mois de mars, l’Eglise catholique s’est jointe à la lutte des paysans. Ainsi l’évêque de San Salvador, José Luis Escobar Ales, accompagné des évêques auxiliaires et d’autres religieux se sont présentés devant les députés avec une pétition de 30 000 signatures pour faire pression sur le parlement.

Les ministres de l’environnement et de l’économie sont chargés d’appliquer la loi et les organisations paysannes et sociales veilleront à l’application effective de la loi.

L’entreprise canadienne Pacific Rim qui a déjà commencé des travaux d’exploration devra se retirer, réparer les dommages causés à l’environnement et dédommager l’Etat salvadorien pour ne pas avoir respecté les normes.

Il faut rappeler que le Centre international de Règlement des Différents relatif aux Investissements (CIADI) s’est prononcé en faveur de l’Etat salvadorien contre Pacific Rim dans son litige vieux de 7 ans. Celle-ci fut condamné à payer 8 millions de $US plus les intérêts. De son côté, l’entreprise avait réclamé auparavant 315 millions de $US au Salvador au prétexte qu’il n’avait pas respecté l’investissement étranger.

Un chemin difficile


Après la fin de la guerre dans les années 90, les paysans ont repeuplé les zones où s’étaient déroulées les combats entre la guérilla et l’armée salvadorienne au nord de San Salvador.

En 2005, les paysans organisés identifièrent la présence d’entreprises en train d’explorer la zone pour d’extraction de métaux. Ils se sont mis en relation avec des organisations écologiques nationales et internationales afin de dénoncer ces faits.

L’Amérique Centrale est vulnérable face au changement climatique et les entreprises minières ne sont pas seulement responsables des dégâts environnementaux, elles n’apportent guère de bénéfices au pays.

Au contraire en 2012, le Ministère de l’Environnement avait constaté que les rivières de la zone où Pacific Rim avait commencé les explorations, étaient en mauvais état et que plus aucune n’avait une eau de bonne qualité.

Cette longue lutte ne s’est pas faite sans victimes. Entre 2005 et 2017 cinq activistes, membres d’organisations écologiques et paysannes furent assassinés. L’événement le plus triste a eu lieu en 2009. Ramiro Rivera, Felicita Echeverria et une fillette de 13 ans sont tombés dans une embuscade et furent assassinés par des hommes armés.

HONDURAS : L’opposition a réussi à s’unir.

Javier Calderon Castillo

18 juin 2017-07-11

Le présentateur de télévision Salvador Nasrella, qui avait fondé le parti anticorruption, a été investi comme candidat de l’opposition hondurienne à la présidence de la République. Il est secondé par Xiomara Castro du parti LIBRE et par Guillermo Valle du parti «’Innovacion y Unidad » PINU représentant différentes tendances politiques, toutes opposées au gouvernement néolibéral, le Parti Nacional.

Avec cette alliance s’ouvrent les possibilités réelles de reprendre le gouvernement depuis le coup d’état de 2009 alors que les paris de gauche s’étaient présentés en ordre dispersé lors des élections de 2013.

Les dix partis et coalitions qui se présentent aux élections générales du 26 novembre ont inscrit près de 30 000 candidatures pour les 2934 postes. Outre le président et vice-président, les Honduriens sont appelés à élire 256 députés au Congrès national, 298 maires et autant de maires-adjoints, et 2092 conseillers municipaux. Le Tribunal Suprême Electoral vérifie la légalité des inscriptions des candidatures en juin et juillet et la campagne électorale sera ouverte officiellement le 28 août.

L’alliance d’opposition constitue une proposition électorale réunissant une base politique plus ample, pour focaliser le débat sur les graves problèmes sociaux et économiques du pays découlant de la concentration de la terre et de l’économie ainsi que la précarité de l’emploi.

Elle devrait offrir une proposition convaincante de renouveau politique alors que les partis politiques sont dépréciés du fait de la grave corruption régnant dans le faible état hondurien.

Elle doit aussi faire face aux attaques virulentes du président actuel et d’autres candidats dans les médias pour faire peur aux électeurs l’accusant d’être une marionnette de Manuel Zelaya renversé par le coup d’Etat de 2009 et proche du Venezuela.

L’Alliance d’opposition devra faire la preuve auprès d’une population plutôt sceptique de sa capacité à obtenir un réel changement et ainsi retrouver la confiance de vastes secteurs sociaux. Elle doit affronter le risque de la fraude qui est important au Honduras.

Nasrella a fondé le parti anti-corruption en 2011. Il avait obtenu 13,5% des votes lors des élections de 2013.

Toute la gauche n’est pas non plus convaincue que Nasrella a la capacité de gouverner car elle se souvient que Jimmy Morales, l’actuel président du Guatemala venant aussi du monde de la télévision a rapidement oublié ses promesses et applique une politique néolibérale et excluente.