Quand la caravane s’est remise en route vers Paracho, à peine après avoir franchi les frontières de la municipalité de Tepalcatepec, à la sortie du territoire sous protection de la Garde Communale d’Ostula et des groupes d’autodéfense qui la soutiennent, le dernier véhicule de la caravane, dans lequel se trouvaient les journalistes indépendants Daliri Oropeza, Aldabi Olvera et Cristian Rodríguez (qui couvrent depuis le début le trajet du CIG et de sa porte-parole), a été intercepté et bloqué par une camionette HONDA CR-V grise, dans laquelle voyageaient cinq individus munis d’armes de gros calibre. Ces individus ont ensuite forcé les journalistes Aldabi Olvera et Cristian Rodríguez à descendre, les ont menacés de leurs armes et les ont forcés à se dessaisir de leur matériel photographique et de leurs téléphones portables. Ils n’ont rien pris d’autre.

Nous dénonçons cette attaque, survenue en territoire contrôlé par le crime organisé, dans le contexte de la guerre capitaliste généralisée qui touche l’état du Michoacán ainsi que beaucoup d’autres états mexicains en connivence avec le mauvais gouvernement. Nous savons que l’intention du crime organisé, en collusion avec le gouvernement, est de créer un climat de peur et de terreur.

Face à ces agressions nous rendons responsables de cette attaque les trois niveaux de gouvernement : le gouvernement fédéral représenté par Enrique Peña Nieto, le gouvernement de l’état du Michoacán représenté par Silvano Aureoles Conejo, et le gouvernement municipal. Nous les rendons responsables des nouvelles attaques qui pourraient avoir pour cible des communautés et des peuples membres du CNI, la Caravane du CIG et les journalistes qui couvrent le parcours du CIG. Nous dénonçons tout cela car nous avons connaissance de toutes les douleurs provoquées par le crime organisé en collusion avec les mauvais gouvernements, ces douleurs que nous avons écoutées et qui nous ont secoué lors de notre parcours dans les communautés des peuples indigènes.

Nous reconnaissons le travail des journalistes indépendants, en particulier de ceux qui accompagnent la Caravane. Leur travail est crucial pour rendre visibles nos pas et nos douleurs. Nous savons que l’exercice du journalisme au Mexique est très risqué et dangereux. Pendant le sexennat d’Enrique Peña Nieto plus de 40 journalistes ont été assassinés dans notre pays. En tant que Congrès National Indigène, nous sommes indignés par cette guerre contre la parole, outil fondamental pour l’organisation des peuples. Nous affirmons notre solidarité avec les compañeras et compañeros qui réalisent leur travail journalistique et défendent la liberté d’expression et de presse. Sur le chemin de cette construction recherchée par le CIG, nous allons marcher ensemble main dans la main avec les personnes honnêtes qui répandent la parole des Peuples indigènes en résistance.

Communauté purépecha de Paracho, Michoacán, le 21 janvier 2018.

Plus jamais un Mexique sans nous !

Congrès National Indigène

Conseil Indigène de Gouvernement