mercredi 16 mai 2018, 13:32

Le Nicaragua dans la tourmente.

(rédigé le 15 mai 2018)

La vague de protestations et de violence qui frappe le Nicaragua depuis le 18 avril ont surpris tout le monde et malgré les appels au calme, les saccages et les destructions continuent.

En même temps ont lieu des marches pour la paix avec la participation de milliers d’habitants.

Les messages les plus fous circulent sur les réseaux sociaux avec des nombres fantaisistes de morts, de blessés, de disparus attribués au gouvernement sans la moindre investigation.

Ce sont les mesures prises par le gouvernement pour assainir le déficit de la Sécurité Social qui ont déclenché la mobilisation des étudiants même si le gouvernement a vite fait marche arrière. Les manifestations ont été très violentes dès le début avec incendies d’écoles, d’hôpitaux, de centres commerciaux, d’édifices publics…

Les raisons de mécontentement de la population ne manquent pas.
Le cas le plus emblématique est celui de Roberto Rivas, président du Conseil Supérieur Electoral qui a accumulé une fortune colossale.

Le mouvement des femmes lutte aussi depuis des années pour la légalisation de l’avortement sans être entendu.
Le contrat avec l’entreprise chinoise par la loi 840 pour la concession du mégaprojet du canal a mobilisé souvent des populations concernées sans qu’elles reçoivent une réponse à leurs revendications.

Malgré la croissance économique continue depuis des années, le Nicaragua reste le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique Latine derrière Haïti tandis qu’un secteur de la population s’est beaucoup enrichi.

Voici une liste des démarches qui sont entreprises actuellement au Nicaragua pour trouver une issue à cette grave crise :

- La cheffe de la police a été destituée

- L’Armée du Nicaragua a affirmé le dimanche 13 mai sa volonté d’appuyer les efforts du gouvernement à la recherche d’une solution par la voie du dialogue et appelle la population à y contribuer. Elle se solidarise avec les familles qui ont perdu des proches et exprime son appui dans l’éclaircissement de tous les faits violents. Elle affirme que même en uniforme elle fait partie du peuple et que sa mission est d’assurer sa protection et la sécurité et appelle à l’arrêt de la violence.

- Le 14 mai, le gouvernement a invité le CIDH (commission interaméricaine des droits humains) à venir enquêter sur les violences. Cette demande est aussi faite par les représentants des mouvements de paysans, d’étudiants, du secteur privé etc.

- Tous devraient participer au dialogue national du 16 mai sous l’auspice de la Conférence épiscopale

De plus en plus de voix s’élèvent pour demander au couple présidentiel de quitter le pouvoir car ces faits violents leur ont enlevé une grande partie de leur légitimité.