Cette année cette fête a été de nouveau un grand succès sur les plans culturels et économiques.

L’argent récolté permettra de peindre le toit de la maternelle et de faire quelques autres réparations.

Le grand nombre de plats et de boissons à base de maïs proposés m’a donné envie de vous parler de la cuisine nicaraguayenne car elle est le reflet de l’histoire du pays.

Ainsi, le plat typique du dimanche des nicaraguayens, le nacatamal, est à lui seul une page d’histoire.
On y trouve les traces des premières migrations de culture nahuatl, avec sa base de maïs, de roucou, du chile (piment), du poivron et de la tomate.
Un autre ingrédient est la pomme de terre (papa en quechua) qui retrace le commerce du Nicaragua avec le Pérou, son lieu d’origine.

S’y ajoute aussi le riz qui de même que le poivre, le clou de girofle, la cannelle sont arrivés de Chine tandis que le gingembre vient des Philippines. 

Ces épices sont devenus indispensables dans la cuisine nicaraguayenne.

Le cochon et donc aussi le saindoux furent le grand apport de l’Espagne car avant la conquista, seul le Xula (un chien comestible) et la dinde figurèrent parmi les animaux d’élevage. 

Tous ces ingrédients se trouvent dans le nacatamal enveloppés dans des feuilles de bananes, ficelé et cuit dans de grands récipients.

Avec le saindoux, la friture rapide des aliments a donné naissance à tout un commerce de repas dans les rues, les fritangas.

On parle en général de 3 grandes cultures culinaires :

La culture du blé qui symbolise l’Europe

La culture du riz qui symbolise l’Orient

La culture du maïs qui symbolise l’Amérique Centrale

Il faudrait ajouter une quatrième, la culture du manioc, l’aliment des tribus de l’Orinoco et des Antilles qui est arrivé au Nicaragua avec les migrations à la Côte Atlantique et qui constitue une des bases de l’alimentation des Miskitos, Sumos et Matagalpas. Le manioc est présent à la Côte Pacifique, notamment dans le Vigoron et le Rondon, ainsi que dans des soupes.

Dans les années 60, un groupe d’intellectuels a inventorié plus de 120 plats nicaraguayens (repas, boissons, desserts, confiseries) dérivés du maïs.

Ainsi l’épis de maïs est utilisé à tous les stades de sa croissance, tout petit (chilote) il se mange un peu comme des asperges. Les poils du chilote sont utilisés comme tisane et on leur attribue des vertus thérapeutiques. Une fois mûr, les épis sont cuits ou frits et utilisés dans les soupes.

Mais ce sont les grains moulus utilisés pour faire des tortillas, empanadas de toutes sortes qui constituent l’alimentation principale (avec les haricots noirs) des populations rurales.

Le maïs sert aussi à l’élaboration de boissons, dont les plus consommées sont :

Le pinolillo, élaboré à base de maïs blanc sec, du cacao, de la cannelle, piments doux, sucre et eau, le tiste et le pozol. Bien que l’histoire soit contestée, c’est en s’inspirant du pinolillo que le français Pierre François Lardet lors d’un voyage au Nicaragua en 1912 aurait élaboré la recette du Banania.

Et bien sûr la chicha, la seule boisson fermentée connue des peuples indigènes pour leurs fêtes.

Le maïs s’utilise également pour la confiserie. Les « rosquillas » sont très appréciées et se vendent sur tous les marchés.

La kermesse du Doris

a eu lieu le 22 octobre.

Elle a également connu un grand succès et les bénéfices permettront la réparation d’un toit.

Reina_y_cacique_Doris.jpg La reine du maïs et le cacique Pinol
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                         Le groupe indigène Rama propose l’artisanat à la vente