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Le 15 septembre est fêté dans toute l’Amérique Centrale, jour de l’indépendance du joug espagnol. Pour célébrer cet événement historique, les autorités éducatives de ces pays organisent un long parcours à travers la région, pendant lequel des milliers d’étudiants amènent la « torche de la liberté » du Guatemala jusqu’au Costa Rica, en passant par El Salvador, le Honduras et le Nicaragua. Toutefois cette année, à cause du coup d’Etat du 28 juin au Honduras, la torche ne passa pas par ce pays, un acte symbolique de résistance.

Donc, pour la première fois dans l’histoire, la torche de la liberté arriva par bateau au port de Corinto depuis le Salvador. C’est là que le ministre de l’éducation du Honduras, visiblement ému, reçut la torche de la part du vice-ministre de l’éducation du Salvador qui l’a remis ensuite au ministre nicaraguayen Miguel de Castillo, rappelant que c’est la première fois depuis 60 ans que le parcours a dû être changé. Nous sommes consternés que les évènements graves au Honduras – et qui à ce jour n’ont toujours pas trouvé de solution- ne rencontrent presque pas d’écho dans les medias français. La résistance du peuple hondurien face à la dictature du président de facto – Micheletti – est exemplaire. Nous dénonçons ici la répression envers le peuple et les medias honduriens indépendants. Vous trouverez aussi un article de Pilar, une des quatre Grenobloises qui ont séjourné au Nicaragua cet été. Un autre article vous donnera quelques explications concernant le 12 octobre célébré longtemps comme « journée de la race » et qui devient journée de la résistance indigène. Notre exposition en hommage au 30ième anniversaire de la Révolution Sandiniste à Bourg St. Maurice fut un succès. Pendant la semaine de la solidarité, Linda, une jeune Nicaraguayenne, est invitée par le collectif des associations de Haute Tarentaise. Pour elle cela sera sans doute une expérience qui comptera dans sa vie. Et pour les élèves des collèges et écoles primaires dans lesquelles elle interviendra, la rencontre avec une jeune du Tiers Monde laissera sans doute aussi des traces. Nous aimons beaucoup ces échanges. Voilà, dans la mesure de nos possibilités, nous essayons qu’un autre monde soit possible.

Merci et salutations solidaires Ruth Mougel