Dans la majorité des pays d’Amérique Latine, le 12 octobre est célébré comme « Dia de la raza » (journée de la race). Ce terme fut créé par l’ex-ministre Faustino Rodriguez-San Pedro, président de l’Union Ibéro américaine en 1913 dans l’idée d’unir l’Espagne à l’Amérique Latine.

Ce jour fut décrété en Argentine en 1917 en tant qu’affirmation de l’identité hispano-américaine face aux Etats-Unis et la doctrine Monroe. Ensuite, cette date fut célébrée dans différents pays, entre autre au Venezuela, en 1921.

En Espagne, la « journée de la race » fut célébrée entre 1918 et 1958, puis transformée en « fête de l’hispanité » pour devenir enfin la Fête Nationale.

Cette journée de la race a dû créer néanmoins un certain malaise puisque plusieurs pays ont essayé de transformer ou d’expliquer cette dénomination. Au Chili, on parle de la journée de la découverte de deux mondes, Au Mexique on ajoute race ibéro américaine pour mettre l’accent sur le métissage et le syncrétisme culturel. Au Costa Rica, on l’a transformé depuis 1994 en « journée des cultures » pour prendre en compte en plus des apports culturels des Espagnols, ceux des indigènes et des afro caribéens.

Le débat a pris de l’ampleur avec les célébrations en 1992 et la campagne « 500 ans de résistance indigène, noire et populaire » Le 12 octobre 1992, quelque 10 000 indigènes sont arrivés à San Cristobal de las Casas (Chiapas), vêtus de pagnes et des peintures sur leurs corps, pour faire tomber la statue du conquérant Diego de Mazariegos, symbole de l’oppression dans la région. Dans la première déclaration de la Selva Lacandona, l’EZLN (l’armée zapatiste de Libération Nationale) proclama : Nous sommes le produit de 500 ans de lutte.

Au Nord et au Sud du continent, les peuples indigènes revendiquent leurs droits territoriaux et agraires, défendant leurs ressources naturelles, les identités culturelles, les langues et l’autodétermination. Ceci obligea l’ONU à reconnaître la pluralité culturelle et ethnique qui déclara la décennie 1995-2004 « décennie des peuples indigènes » Malgré ces luttes et initiatives, les peuples indigènes restent marginalisés et subissent de plein fouet le racisme.

Depuis 2003, Hugo Chavez a décrété au Venezuela le 12 octobre « journée de la résistance indigène » Le Nicaragua où la région de la Côte Atlantique a depuis les années de la Révolution un statut d’autonomie a suivi. C’est loin de faire l’unanimité parmi la population. Toute une partie des Nicaraguayens est fière de son ascendance espagnole. La Bolivie a pour la première fois de son histoire un président indigène, Evo Morales. Peut-être que cette première grande victoire sera suivie d’autres.