Le parlement a ainsi adopté le 29 septembre 2004 la « loi générale des coopératives n° 499 ». Les principes de cette loi sont ceux du mouvement coopératif mondial : • liberté d’intégrer ou de se retirer d’une coopérative • volonté solidaire ce qui implique un engagement réciproque et des pratiques loyales • contrôle démocratique : un sociétaire, une voix • responsabilité limitée aux apports • équité, ce qui implique la distribution des excédents en proportion de la participation aux opérations • respect et défense de l’autonomie et de l’indépendance • éducation coopérative • développement de la coopération entre les coopératives • solidarité entre les sociétaires • égalité en droit et opportunités entre les sociétaires des deux sexes.

Cette loi organise un dispositif pour la reconnaissance et la protection juridique des coopératives, crée un institut nicaraguayen de développement des coopératives et leur accorde un certain nombre d’avantages fiscaux :

• exemption de droits d’enregistrement et publication gratuite des actes dans le journal officiel • exemption d’impôt foncier • exemption d’impôt sur les bénéfices • exonération de TVA sur les importations de biens durables, machines, pièces de rechanges et matière première

L’idée que la Casa comunal se transforme en coopérative a muri lentement, notamment avec la montée en puissance de la Commission des jeunes, de nombreux membres de celle-ci venant de terminer leur cursus universitaire ou allant le terminer prochainement, tout ceci dans le mouvement national décrit ci-dessus.

En outre, le statut coopératif avec la nouvelle force de cohésion qu’il implique offre une réponse adéquate au besoin de sécurité juridique et de reconnaissance tant par la population bénéficiaire que par la municipalité de Chinandega, notamment :

• pour l’activité de microfinance • pour la légalisation du terrain d’assiette de la Casa Comunal.

Du fait de la réforme agraire réalisée au début des années 1980, la question de la propriété est très sensible au Nicaragua. Comme déjà indiqué, le terrain d’assiette de la Casa Comunal a été mis à disposition par la ville de Chinandega dont celle-ci avait la jouissance mais sans être légalement propriétaire. Pour donner enfin une sécurité juridique et donc permettre des investissements à long terme,l’Etat du Nicaragua a confié a un organisme spécialisé la «Procuraduría de la propiedad » PRODEP la responsabilité de cette légalisation et a obtenu pour cela un financement de la BID (Banque interaméricaine de développement).

Ainsi la PRODEP pourra non seulement légaliser le terrain au nom de la coopérative, mais la Casa Comunal a prêté elle-même en juillet et août 2009 ses locaux et installations à la PRODEP pour son travail portant sur de très nombreuses propriétés dans les quartiers voisins.

Toute cette démarche de formation et de préparation des esprits a été accomplie par Mme Ada SOZA qui avait déjà mené à bien la construction de la Casa en 2000/2001 et qui depuis lors avait su conserver des relations de confiance avec l’équipe d’animation de celle-ci. Elle s’est concrétisée par la rédaction des statuts et l’enregistrement de ceux-ci auprès de l’INFOCOOP, Instituto Nicaragüense de Fomento Cooperativo (Institut Nicaraguayen de Développement Coopératif) et la publication à « La Gaceta – Diario Oficial » (journal officiel) du 27 novembre 2009.

La coopérative a désormais la personnalité juridique sous le nom de COOPERATIVA MULTISECTORIAL CORDILLERA SAN CRISTOBAL « COMUCRIS RL » (registrado en conformidad a la ley, enregistré conformément à la loi) avec les objectifs suivants :

• représenter et défendre les intérêts de ses sociétaires, coordonner, orienter et superviser leurs activités • faire en sorte que les sociétaires aient des ressources et un niveau de vie digne et juste • procurer à ses associés une assistance technique et des conseils généraux ou spécialisés • créer, organiser ou passer des contrats pour l’approvisionnement en commun de biens ou afin de réaliser ses buts et ceux de ses sociétaires comme : fournitures, commercialisation ou mise sur le marché, industrialisation de produits, financements, assurances, audits, fonds de stabilisation • coordonner et développer des programmes éducatifs de formation et de promotion sociale et mener à bien des campagnes d’éducation coopérative en vue notamment d’y intégrer les femmes • réaliser des activités et organiser des services techniques, sociaux ou économiques lorsqu’ils n’existent pas encore

Il est prévu que la coopérative pourra agir pour acquérir des produits agricoles pour les transformer et/ou les distribuer ceci dans l’optique du prix juste.

La coopérative est formée de 25 sociétaires parmi lesquels :

• les membres historiques du « Comité Probienestar Comunal » parmi lesquels

o Mme Mireya LINDO o Mme Martha SALINAS o Mme Gelsomina SANCHEZ o M. Celso ROMERO

• Les membres de la Commission des jeunes parmi lesquels : o M. Humberto ALVARADO o M. Freddy CANALES o Melle Yudith RIVERA o M. Juan Carlos LOPEZ o M. Juan AVENDAÑO o Melle Ubania RIVERA o M. Jorge-Luis SALINAS

La coopérative est dirigée par un Conseil d’Administration de 5 membres : • Présidente : Mme Gelsomina SANCHEZ • Vice-Président : M. Juan AVENDAÑO • Secrétaire : M. Jorge-Luis SALINAS • Trésorier : Melle Ubania RIVERA • Porte-parole : Melle Primitiva CENTENO

Elle comporte également un conseil de surveillance (ou de vigilance) de 3 membres : • Coordinateur : M. Freddy CANALES • Secrétaire : Melle Carla ESPINOZA • Porte-parole : M. Juan-Carlos LOPEZ

Enfin, elle comporte trois comités de travail : • Un comité de commercialisation • Un comité de bien-être social • Un comité de crédit, chargé d’élaborer les normes en matière de taux, durée des prêts et garanties sollicitées

Le premier projet de la coopérative COMUCRIS : la création d’un cybercafé et d’un mini-cinéma pour les enfants au bénéfice de la population des deux quartiers

La Casa comunal dispose déjà de trois ordinateurs et d’une imprimante ce qui a lui a permis de donner des cours d’initiation à l’informatique, de nous faire parvenir des éléments comptables, de nous écrire et de nous envoyer des dossiers, mais elle n’a pour le moment pas d’accès au téléphone et donc au réseau internet. En particulier, les membres de la Commission des jeunes communiquent avec nous par internet et nous envoient des photos (puisque la Casa a fait l’acquisition d’une caméra numérique) mais ils doivent pour cela se rendre dans un cybercafé de la ville, une clé USB leur permettant d’enregistrer les fichiers à envoyer ou ceux que nous leur avons adressés. Or, nous l’avons vu, les quartiers Roberto Gonzalez et David Andino sont très peuplés, avec des familles nombreuses, beaucoup d’enfants et parmi ces familles une sur quatre compte des membres émigrés, lesquels parviennent souvent à leur faire parvenir des ressources (remesas). Malgré le fait qu’un nombre important de foyers se situent sous la ligne de pauvreté, voire d’extrême pauvreté, un nombre croissant de jeunes parviennent à suivre et à terminer des études universitaires, surtout à Léon, la ville voisine qui a la plus longue tradition du pays dans ce domaine, ou même à Chinandega. L’idée de créer un cybercafé a donc muri dans ce contexte. Les membres de la Commission des jeunes qui justement viennent de terminer ou sont en train de terminer leurs études universitaires sont bien informés – comme désormais leurs homologues du monde entier - des possibilités des TIC (technologies de l’information et de la communication) et voulant en faire profiter leur quartier ont mené une enquête approfondie sur les coûts d’investissement, de fonctionnement et les possibilités de recettes des cybercafés de leur connaissance.

Le projet a donc les objectifs spécifiques suivants : • Donner accès à internet comme moyen de communication et de connaissance actuel, rapide et relativement peu coûteux, pour les étudiants et adultes, voire pour les enfants de l’école primaire voisine ;

• Fournir un service de téléphonie à bas coût, notamment avec l’étranger ce qui est de nature à renforcer le sentiment de sécurité et de tranquillité des habitants restés sur place ayant pu communiquer facilement avec leurs proches émigrés. La communication devenant plus facile on peut aussi avoir l’espoir que les émigrés s’impliqueront davantage dans les initiatives et le développement de leur quartier ;

• Profiter de la facilité d’utilisation des DVD de films cinématographiques pour proposer, dans la grande salle de la Casa comunal, des séances de mini – cinéma notamment aux enfants, ce après avoir élaboré un programme périodique et une préoccupation éducative. L’installation pourra aussi permettre de projeter des documentaires pour l’animation de discussions sur les questions sociales, de santé, d’éducation des adultes comme la Casa Comunal le pratique depuis sa création. Organiser un petit festival cinématographique est aussi dans les possibilités, car il faut rappeler qu’il n’existe plus aucun cinéma « classique » dans toute la ville . La salle et son installation pourra aussi être louée pour des projections et conférences à des organismes publics ou privés poursuivant des buts compatibles avec ceux de la COMUCRIS, comme par exemple la municipalité, les services publics d’Etat ou d’autres coopératives membres de la CECOMUCHI.