L’éditorial de SOLAL (Comité Amérique Latine de Caen) a très bien résumé la création et les objectifs de la CELAC. Voici donc le texte un peu résumé:

Il est certain que cette intégration n’est pas exempte de contradictions car quelques pays comme la Colombie, le Chili, le Honduras, le Panama, le Mexique et maintenant aussi le Guatemala, appartenant largement au système hégémonique des Etats-unis, n’oeuvreront pas clairement dans le sens de l’intégration et de la souveraineté continentale.

Ce sommet a adopté plus de 20 documents notamment la procédure de fonctionnement, le plan d’action de Caracas et la déclaration constitutive qui reconnaît « le droit de chaque nation à construire en paix et librement son propre système politique et économique ». Ce qui montre bien que cette partie du globe prend ses distances avec le mode d’organisation et les orientations économiques de l’Union Européenne.

La Commission économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPAL) a souligné que les 33 pays qui forment la CELAC, représentent 580 millions d’habitants, 8,5 % de la population de la planète, avec un revenu annuel par habitant de 8.980 $ - moyenne ne rendant pas compte des inégalités de richesses, particulièrement importantes en Amérique latine.

Les 33 pays se sont engagés à se protéger contre le marasme extérieur en intensifiant entre eux le commerce et l’investissement. Une « préférence douanière latino-américaine et des Caraïbes » sera élaborée, ainsi qu’une architecture financière commune. Dans ce cadre, le Brésil apparaît, sur le plan économique, comme pays incontournable. Septième puissance mondiale avec un PIB de 2090 milliards de dollars (sept fois plus que le Venezuela), le Brésil dispose de réserves monétaires de 360 milliards de $, la moitié de celles de l’ensemble des pays de la CELAC.

Pour l’instant la CELAC n’a pas de budget propre, et elle dispose, dans un premier temps, d’une structure légère de direction composée de trois pays : le Chili, le Venezuela et Cuba, qui fonctionnera entre chaque sommet annuel.

Mais, quelles que soient ses limites organisationnelles actuelles, ses contradictions politiques et économiques, la CELAC apparaît d’ores et déjà comme un élément phare de la situation internationale qui fait de l’Amérique Latine, après la création de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) dont font partie Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua, l’Equateur et trois Etats des Caraïbes ainsi que de l’UNASUR (Union des nations sud-américaines), un pôle d’attraction dans la lutte anti-impérialiste.

Sur le site de Rebelion, Carlos Martinéz a écrit un article « la CELAC est déjà une réalité » dans lequel il détaille les différents sujets abordés lors de ce sommet, par exemple le problème des FARC en Colombie, le narcotrafic , la reconnaissance d’Haïti pour l’aide apporté par Cuba, la crise européenne etc.

L’ex-tupamaro Pepe Mugica, a dit clairement que la construction de cette « patria grande » ne sera pas un chemin de roses, que ce sera un travail dur semé d’embûches.