Voici quelques commentaires sur nos deux domaines d’action.

1. Programme éducatif de Managua!!!!

Comme vous le savez, l’association DMMT a trois centres :

• Le centre de développement infantile (CDI) Eduardo Contreras accueillant des enfants de la crèche, de la maternelle et des deux premières années de l’école primaire

• Le collège Doris Maria Morales Tijerino (DMMT) accueillant les autres années de l’école primaire, le collège et le lycée jusqu’au baccalauréat (se passant à l’âge de 16 ans au Nicaragua)

• Le projet d’éducation primaire accélérée Angelita Morales pour les enfants, adolescents et jeunes adultes des quartiers défavorisés voisins qui n’ont jamais été scolarisés à l’âge normal. Le programme de deux années est regroupé en une seule année et il est proposé aux élèves un début de formation professionnelle.

Ruth, présidente de l’association, vous rend compte des résultats obtenus au cours de l’année scolaire 2011 (qui commence fin janvier et se termine en décembre). Vous noterez que certains élèves de l’Angelita Morales ont pu, après leur rattrapage de niveau scolaire, bénéficier d’une bourse de l’INATEC (Institut Nicaraguayen de Technologie) pour acquérir une véritable formation professionnelle.

Les recettes de parrainage et les dons se sont accrus régulièrement au cours des 3 dernières années : 17.194 € en 2009, 18.837 € en 2010 et 19.267 € en 2011.

Il faut noter la progression remarquable de l’apport du Club Nicaragua du collège St-Exupéry de Bourg St Maurice : 2.519 € en 2009, 3.765 € en 2010 et 5.737 € en 2011 ! Il y a plus qu’un doublement en 3 ans. En 2011, cet apport atteint presque 23 % des recettes.

Que tous les élèves qui en sont membres avec leurs familles et Madame CARESMEL, professeur d’espagnol en soient ici chaleureusement remerciés !

Vous trouverez également en annexe un tableau récapitulant les versements de fonds à l’association de parents d’élèves DMMT sur les 5 dernières années. Grâce, en particulier, à l’apport du Club Nicaragua, nos versements évalués en euros se sont accrus d’un peu plus de 9 % entre 2010 et 2011.

Au cours de notre dernier voyage dans le pays, Ruth, sa sœur Heidi qui nous appuie depuis toujours, et moi-même en août et septembre dernier, nous avons pu voir les trois centres en fonctionnement, mais, contrairement à 2008, je n’ai pas travaillé sur la comptabilité et le budget. Nous possédons des données sur le budget du collège DMMT et l’Angelita mais pas sur celui du CDI ; il nous faut donc procéder par estimation selon les dernières données disponibles à savoir le budget prévisionnel de 2010.

Nous récapitulons les données dans le troisième tableau également ci-joint. Les calculs par élève ont été faits sur la base des inscrits au début de l’année scolaire et ils ne tiennent donc pas compte des départs en cours d’année ou ce qu’on appelle au Nicaragua la « désertion scolaire », qui se manifeste davantage dans le projet d’éducation primaire accélérée Angelita Morales. Cela fait justement partie des objectifs de l’association DMMT – et même du Nicaragua dans son ensemble – de lutter contre cette désertion en faisant participer davantage les familles, sans oublier bien sûr le fait qu’une partie des départs en cours d’année s’explique aussi par la nécessité pour certaines familles de trouver un travail - et les revenus correspondants – là où il existe.


Voici pour chacun des centres quelques commentaires :

• Collège DMMT!!!!

Le budget 2011 a été établi par M. Victor Garcia et il s’élève à 134.574 US$ soit en cordobas 3.027.915 C$ et 97.856 €. Pour 227 élèves il ressort en moyenne par élève à 593 US$ par an soit 13.339 C$ et 431 €. Le coût mensuel d’un élève (sur 12 mois) ressort donc à 36 €.

Il y a tout lieu de penser qu’il s’agit uniquement d’un budget de fonctionnement et qu’il n’est pas prévu de budget d’investissement en incluant dans les charges un amortissement des biens immobiliers et mobiliers sur une durée normale (si cet amortissement était calculé, cela reviendrait à déterminer une « épargne obligatoire » à constituer chaque année, créant de la sorte progressivement un capital utilisable le moment venu pour réinvestir). Malgré tout, il est veillé à ce que les locaux demeurent en bon état et en 2011, des travaux de peinture ont été effectués avec une fresque réalisée par les élèves.

Sur les 26.468 € versés en 2011 par INTI au programme éducatif, soit 36.400 US$, 4.428 US$ (3.220 €) ont été affectés au collège pour 22 élèves parrainés. La moyenne par élève ressort donc 201 US$ ou 146 €, soit par mois 12 €. INTI a ainsi contribué à 3,3 % du budget du collège.

• Projet d’éducation primaire accélérée Angelita Morales!!!!

Ce projet n’existerait pas sans INTI, car l’admission est gratuite pour les familles afin d’encourager celles-ci. En conséquence, nous considérons que la totalité du budget est prise en charge par INTI.

Ce budget est évalué à un total de 280.580 C$ soit 12.466 US$ et 9.066 €. La moitié du budget soit 139.375 C$ correspond au salaire des deux institutrices (11.615 C$ par mois soit pour chacune en moyenne 5.807 C$ soit 258 US$ ou encore 187 €). Ce salaire est supérieur au salaire minimum nicaraguayen (2.548 C$/mois en août 2011 pour les employés de l’Etat et des collectivités locales soit 82 €), mais il est il ne représente que 59 % de la « Canasta basica », c’est-à-dire du revenu minimum considéré comme nécessaire pour faire vivre une famille (9.851 C$ par mois en octobre 2011 soit 318 €).

Pour 33 élèves inscrits, la bourse versée par INTI s’élève à 378 US$ par élève soit 275 € par an et 23 € par mois.

Par son action, le Club Nicaragua du collège a contribué à financer pratiquement les 2/3 (63,3 %) de ce programme.

• CDI Eduardo Contreras!!!!

Ne disposant du budget de 2011, nous avons procédé par extrapolation du budget de dépenses de 2010. Ce dernier s’élevait à 3.707.380 C$ ; en prenant comme taux de variation la perte de valeur du cordobas par rapport au dollar (2,5 % ), on aboutit à 3.800.276 C$ en 2011 soit 168.901 US$ et 122.817 C$. Avec 394 élèves inscrits, le coût moyen annuel ressort à 9.645 C$ soit 429 US$ et 312 €. Par mois (sur 12 mois), on aboutit à 36 US$ ou 26 €.

Dans ce centre, 138 élèves reçoivent une bourse complète et 110 élèves une demi bourse soit au total 193 équivalentes bourses complètes. Une fois déduites les contributions au collège DMMT et au projet d’éducation primaire accéléré Angelita, le montant versé par INTI au CDI s’est élevé en 2011 à 14.182 € soit 19.504 US$ et 438.840 C$. La bourse moyenne par élève est donc de 101 US$, 2.274 C$ et 73 € soit de 6 € par mois.

Ainsi INTI finance 11,5 % du budget du CDI. On retrouve ce même pourcentage de 11,5 % pour l’ensemble des budgets des trois centres :

Centre Budget 2011 en € Financement INTI 2011 Part INTI dans budget

Montant % du total Montant % du total

Collège DMMT 97.856 € 42,6 % 3.220 € 12,2 % 3,3
%

Angelita Morales 9.066 € 3,9 % 9.066 € 34,2 % 100,0
%

CDI Eduardo Contreras 122.817 € 53,5 % 14.182 € 53,6 % 11,5
%

Total 229.739 € 100,0 % 26.468 € 100,0 % 11,5

%

• Quelques données complémentaires :

o Comparaison avec les autres écoles du secteur privé à Managua

L’association DMMT est une association de parents d’élèves sans but lucratif, à caractère laïc, qui émane historiquement et de se reconnaît dans les valeurs du sandinisme. Elle est contrôlée sur le plan pédagogique par le Ministère de l’éducation du Nicaragua. Si elle n’appartient pas au secteur public de l’éducation puisque les parents assument son financement en fonction de leurs ressources, pour autant les montants qu’elle leur demande restent assez nettement inférieurs à ceux d’autres établissements du secteur privé :

• Ecole Montessori (du même quartier) : 300 US$/mois

• Ecole Santo Domingo : 200 US$/mois

• Ecole maternelle du même quartier : 250 US$/mois pour une présence de 3 heures par jour

• Ecole Marie Curie : 416 US$/mois

L’école Santo Domingo, la moins chère de celles qui sont citées ci-dessus, demande donc aux parents près de 6 fois plus que dans l’association DMMT.

Le Ministère de l’éducation contribue au projet par un apport en nature de « grains de base » (maïs, riz, haricots rouges essentiellement) et d’huile, notamment pour l’alimentation des plus petits, mais il ne contribue pas financièrement, ce que l’on peut regretter si l’on considère que l’Etat nicaraguayen subventionne les écoles issues de l’église catholique… Mais ne trouve t’on pas un débat de cette nature dans l’histoire française jusqu’à nos jours ?

En l’absence de financement public, l’association DMMT parvient donc à maintenir son équilibre tout en restant ouverte aux moins favorisés grâce ses propres efforts (organisation de kermesses, vente de pain et de pâtisserie, vente d’artisanat…) et à l’appui d’INTI. Dans l’espace de l’Angelita, elle reçoit aussi l’apport de l’association des pompiers volontaires de Managua et de la FECODESA (Fédération des coopératives de développement agricole) grâce aux locaux qui ont été aménagés (salles de classe et hébergement) pour la formation des membres des coopératives.

Il faut noter aussi que le Ministère de l’éducation nicaraguayen organise une fois par mois une rencontre des enseignants afin de leur permettre d’échanger et de progresser dans le domaine pédagogique. Tous les enseignants de l’association DMMT participent à ces rencontres, ce qui n’est généralement pas le cas de ceux des établissements cités ci-dessus, qui adoptent une attitude que l’on doit bien qualifier d’élitiste.

o Comparaison avec la France et les autres pays « développés » membres de l’OCDE

La Cour des Comptes française a fait paraître en mai 2010 son rapport « L’éducation nationale face à l’objectif de réussite de tous les élèves » dans laquelle elle donne quelques chiffres.

En 2008, la France a consacré 6,6 % de son produit intérieur brut à son système éducatif ce qui a représenté 2.020 € par habitant ou encore 7.780 € par élève ou étudiant. L’Etat est le principal financeur avec 60 % du total puisqu’il assume l’essentiel des dépenses de personnel.

En dollars, la France dépensait en 2006 par élève, 4.995 US$ pour la maternelle, 5.482 US$ pour le primaire, 8.265 US$ pour le collège et 10.655 US$ pour le lycée. Elle était dans la moyenne des autres pays de l’OCDE. L’écart reste donc énorme entre ces pays et le Nicaragua (de l’ordre de 16 fois plus) !

2. Casa comunal San Cristobal de Chinandega et la coopérative COMUCRIS!!!!

Au cours de l’année 2010, nous avons commencé à verser notre appui à la création du cybercafé, première initiative de la coopérative COMUCRIS qui a pris naissance en novembre 2009 au sein du centre social « Casa comunal San Cristobal » des quartiers Roberto Gonzalez, David Andino (et leurs voisins) de la ville de Chinandega, que nous avions fait construire 10 ans auparavant en 2001.

Ainsi nous avons versé à la coopérative 5.090 € en 2010, y compris le premier acompte de 1.500 € de la subvention de 2.000 € qui nous a été accordée par le Département de la Savoie. Le cybercafé s’est ouvert comme prévu le 14 février 2011 et son inauguration a eu lieu « virtuellement » en notre présence puisque, ce jour là nous avons pu nous parler en direct grâce au logiciel de vidéo et téléphone « skype » ! Nous avons pu ainsi voir en vidéo l’installation (et les premiers utilisateurs) avant de découvrir tout cela de nos propres yeux quelques mois plus tard lors de notre voyage du 14 août au 4 septembre 2011.

En outre en 2010, nous avons envoyé 201 € pour compléter le fonds de microcrédit grâce à l’apport de deux membres d’INTI.

En 2011, nous avons reçu le solde de 500 € de la subvention du Département de la Savoie et le produit de la « pena latina » organisée le 19 mars 2011 par l’association ASPAC à Jarrie au sud de Grenoble (sous l’impulsion de Pilar De Bernardy et Marie-France Allamand, qu’elles en soient ici remerciées) c’est à dire 1.066 €. Des membres d’INTI ont aussi fait des dons pour le cybercafé de 320 € et pour le microcrédit de 500 €.

Ces recettes nous ont donc permis de verser à la COMUCRIS 2.061 € en 2011 pour le cybercafé et 488 € pour le microcrédit.

Ces fonds ayant été versés après l’ouverture du cybercafé, il reste entre les mains de la coopérative un solde disponible à la date de notre courrier du 28 novembre 2011 d’un montant de 3.882 US$ (soit 2.823 €) pour de nouveaux investissements et de 1.018 US$ (soit 740 €) pour le microcrédit.

Ce solde disponible peut être utilisé par la coopérative pour réaliser le projet de mini cinéma à but éducatif destiné prioritairement aux enfants et jeunes du quartier qu’elle avait envisagé pour un investissement estimé dans le projet initial à 1.400 US$ ou 1.045 €. Elle peut également compléter l’équipement du cybercafé par l’adjonction d’un poste de travail supplémentaire et d’une imprimante connectable ainsi que d’une plastifieuse de documents pour permettre notamment aux étudiants de réaliser leurs monographies dans de meilleures conditions.

Pour ces investissements et d’autres qui ont aussi été envisagés (comme une mini papeterie), la COMUCRIS a des contacts, pour un appui financier et technique, avec LA BASE, une organisation dont le siège est à New York (avec une représentation au Nicaragua) dont la vocation est le financement des coopératives et organisations de travailleurs agissant en commun sur une base démocratique.

Au moment de nos adieux au Nicaragua nous avons aussi fait connaissance avec M. Jordi Gomez Valls originaire de Girona en Catalogne, dont la fille vit au Nicaragua pour avoir épousé un ressortissant du pays, et qui se propose de mettre l’université de sa ville en relation avec la coopérative pour, par exemple, créer et commercialiser de nouveaux produits à base de fruits tropicaux.


3. Moyens mis en œuvre par INTI pour compléter son financement

En 2011, nos recettes en lien direct avec notre objectif rappelé ci-dessus se sont élevées à un total de 28.264 €

Nos envois de fonds au Nicaragua ont été de ……………………………………………… 30.145 €%
%%

Besoin de financement résiduel ……………………………………………………………… -1.880 €%
%%

Pour couvrir ce besoin de financement, nos ressources ont été :

• L’excédent réalisé sur la vente des calendriers Constellation ……… 924 €

• Le bénéfice du marché solidaire durant la « semaine de la solidarité

Internationale » et de la vente d’artisanat et peinture du Nicaragua … 302 €

• Le produit de la foire aux livres réalisée avec le CCFD ……………… 1.084 €

--- Total………………………………………………………………………………… 2.310 €

Montant disponible ………………………………………………………………… 430 €

Coût net de fonctionnement de l’association : dépenses de fonctionnement –

subvention de la commune de Bourg St Maurice, adhésions et intérêts du

compte livret A ……………………………………………………………………… -40 €

--- Excédent de l’exercice ……………………………………………………………… 390 €

Notre association parvient donc à l’équilibre, cet excédent étant à comparer aux légers déficits de 2009 (-236 €) et de 2010 (-560 €). Ainsi la trésorerie disponible en fin d’exercice (4.052 €) est du même ordre que celle de la fin de 2010 (3.819 €).

Le 26 janvier 2012

Joseph Mougel

Trésorier