mardi 18 septembre 2018

Lettre d’info automne 2018

Bonjour,

L’irruption de la violence le 18 avril au Nicaragua nous a tous pris au dépourvu. Nous avons eu beaucoup de mal à comprendre.

Tout de suite il y a eu une avalanche d’informations terrifiantes, tel Ortega, dictateur qui massacre son peuple etc. Là, je me suis dit qu’il y a vraiment un problème car je connais quand-même ce pays depuis plus de 30 ans. Bien sûr nous avons eu des contacts suivis avec nos amis. Le premier témoignage de Rosario fut accablant et elle s’indigne que les associations des droits humains, les ambassades d’Allemagne et de France défendant seulement ceux qui protestent sans prendre en compte les assassinats de combattants historiques et toutes les atrocités des opposants, ni du rôle joué par une partie de la hiérarchie catholique. Elle écrit : « notre gouvernement n’est sans doute pas parfait, mais nous allions de l’avant et nous étions en paix » Et elle termine sa lettre : « C’est triste ce que nous vivons, mais nous ne nous rendrons pas et continuerons à défendre nos idéaux. »

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samedi 15 septembre 2018

LES PROGRAMMES EDUCATIFS DMMT septembre 2018

mais 4.jpg pendant la fête.jpg

Au mois d’avril 2018 notre pays a souffert d’une crise sociopolitique dont l’objectif principal était de renverser le Président Daniel Ortega. Des groupes de partis politiques de la droite ont manipulé la population civile et étudiante provoquant le chaos dans tous les secteurs, installant une guerre cybernétique appelée « coup d’Etat doux » et utilisant des techniques psychologiques qui ont créé de la peur au sein de la population.

Durant les mois d’avril, mai et juin, nous avons vécu une situation de grande violence et d’instabilité qui a affecté beaucoup l’année scolaire. Celle-ci a été interrompue dans certains établissements pour assurer la sécurité des élèves et à cause de l’absence des professeurs vivant dans des lieux en zones rurales et urbaines où les barrages et barricades empêchaient la circulation des véhicules et des piétons.

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jeudi 23 août 2018

Résumé d’une interview avec Carlos Fonseca Teran

(vice-secrétaire de relations internationales du FSLN)

… « La meilleure façon d’être préparé face à d’éventuelles nouvelles tentatives de déstabilisation, c’est d’approfondir le modèle de participation populaire dans les décisions du gouvernement. Si nous avions réussi à développer ce modèle politique pour la réforme de la sécurité sociale par exemple, la population après avoir été suffisamment informée, aurait pu la faire sienne et la manipulation consistant à présenter cette réforme comme le contraire de ce qu’elle était en réalité n’aurait pas pu avoir lieu et on aurait pu éviter les violences auxquelles nous avons assisté et qui ont affecté tout le monde.

Nous sommes à l’origine d’un accord entre les travailleurs, les entreprises privées et le gouvernement et on peut dire que pendant 10 ans cela été un succès puisque cela a permis d’augmenter le salaire minimum bien plus que durant la période précédente, cette dernière ayant d’ailleurs duré plus longtemps. Les travailleurs ont donc été les bénéficiaires de cet accord et celui-ci a eu aussi l’appui des entreprises.

Mais face au risque que les entrepreneurs rompent cet accord et qu’il puisse se passer quelque chose – puisque que c’est la première fois qu’une telle décision a été prise – nous aurions dû avoir un plan pour faire face à cette situation sur les plans politique et organisationnel et préparer des assemblées populaires. C’est pour cela que nous avons un besoin urgent de préserver la solidarité des autres peuples avec la révolution sandiniste face à toutes les tentatives de déstabilisation forgées notamment par l’impérialisme nord-américain.

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mercredi 22 août 2018

Quand les mensonges gagnent et se convertissent en réalité acceptée.

De Giorgio Trucchi – 31 -5 - 2018

La mobilisation « bleu et blanc » du 30 mai pour les mères des victimes des affrontements a été gigantesque. Parallèlement le gouvernement a convoqué les militants sandinistes à une célébration pour la fête des mères. Là aussi, il y eut foule, mais tous n’arrivèrent pas à la destination. La caravane de bus venant du nord du pays fut attaquée par des inconnus en armes.

Pendant que la marche « bleu et blanc » arrivait sans problèmes majeurs à destination à la UCA (Université d’Amérique Centrale – université jésuite), à moins d’un km de là, le président Ortega terminait son appel à la paix. C’est à ce moment que des groupes de manifestants « pacifiques » se sont approchés du nouveau stade national de baseball, et sont entrés en contact avec des jeunes sandinistes qui revenaient d’une activité. On voit alors sur les photos prises comment ces manifestants « pacifiques » chargèrent les armes et commencèrent à tirer, attaquant les installations du stade et les policiers qui protégeaient les lieux. Il y eut des morts et des blessés des deux côtés, dont deux jeunes militants sandinistes. L’affrontement dura de longues minutes, ensuite les groupes de l’opposition se sont retirés vers l’UCA où de milliers de personnes se trouvaient tranquillement. Et pendant que les premières barricades se levèrent près de l’université des Ingénieurs (UNI) à quelques centaines de mètres du stade, la plateforme « SOS Nicaragua » et d’autres similaires s’est se sont mis à occuper envahir l’espace médiatique et les réseaux sociaux de mensonges, enlevant aux médias officiels la possibilité de dire ce qui s’était réellement passé, transformant une fois de plus le Nicaragua en prisonnier d’une réalité fictive.

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La izquierda sobre Nicaragua (la gauche sur le Nicaragua)

– Jorge Capelan et Stephen Sefton – Tortilla con sal – 16 mai 2018 – extraits

En premier lieu, dans les légitimes manifestations pacifiques du 18 avril contre la réforme de la sécurité sociale, les revendications étaient biaisées, irrationnelles et mal informées. Presque immédiatement, la manifestation pacifique s’est détériorée en chocs affrontements entre groupes de manifestants et groupes de jeunes proches du gouvernement. La réponse de la police fut proportionnelle aux évènements.

Ensuite se sont les groupes de choc violents de l’opposition politique du pays dirigés principalement par le MRS, maintenant liés à l’extrême droite des Etats-Unis et bénéficiaires depuis des décennies du financement du gouvernement de ce pays et d’ONG’s, qui sont entrés en action.

Pendant les journées des 19, 20 et 21 avril, les groupes armés de l’opposition politique se sont mélangés aux étudiants et jeunes. Ils ont aussi intégré en leur sein des centaines de délinquants recrutés dans différentes villes pour intensifier les attaques. Ils ont attaqué tout type d’infrastructure avec des armes conventionnelles, artisanales et des cocktails Molotov. Depuis le début, les protestations ont été violentes.

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Les étudiants et la protestation

Introduction de Ruth, présidente d’INTI Solidarité Nicaragua :

Autant que je comprenais les revendications des étudiants il y a quelques années pour obtenir le que 6% du budget national du Nicaragua soit affecté au financement des universités ce qui fut effectivement obtenu, autant, j’ai de grandes difficultés à comprendre leur implication d’aujourd’hui dans la déstabilisation, la destruction des locaux et des équipements destinés à l’enseignement ainsi que dans le blocage de l’année universitaire.

C’est pour cette raison que je crois nécessaire de vous faire part de larges extraits de l’interview réalisée le 1er août 2018 par Alex Anfruna, journaliste, de Luis Manuel Andino Paiz, président de l’Union nationale des étudiants du Nicaragua (UNEN)

Rappel des faits

L’Université National Autonome du Nicaragua (UNAN-Managua) était occupée et des barricades érigées aux alentours depuis le mois de mai jusqu’au 13 juillet date à laquelle elle fut finalement évacuée par les forces de l’ordre, ce qui a donné lieu à quelques arrestations mais aussi à de nouvelles protestations de la part des étudiants

L’évacuation de l’Université UNAN eut lieu lorsque des personnes retranchées derrières ces barricades se mirent à attaquer avec violence des militants sandinistes célébrant le « repliegue » (repli de Managua à la ville de Masaya décidé par les forces sandinistes en lutte contre la « guardia » de Anastasio Somoza, peu de temps avant la victoire finale du 19 juillet 1979). On s’est aperçu alors que ces personnes n’étaient pas toutes des étudiants, loin s’en faut, mais étaient surtout composées de bande de délinquants (pandilleros) souvent sous l’emprise de la drogue. Quant aux étudiants présents, on peut dire qu’ils ont perdu de fait leur statut d’universitaire en participant au saccage voire à la complète destruction de certains locaux et des équipements qu’ils contenaient ou en s’en rendant complice.

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lundi 20 août 2018

La voix dissonante du Forum de São Paulo, par Maurice Lemoine (Mémoire des Luttes)

Publié par Venezuela infos dans ALBA, Bolivie, Cuba, déstabilisation et violences de la droite, histoire de la révolution bolivarienne, Internationalisme/Solidarité, Nicaragua, souveraineté, unité latino-américaine 27 juillet 2018 par Maurice Lemoine
Extraits

La 24e édition du Forum de São Paulo (FSP), rencontre qui rassemble les partis et mouvements progressistes de l’Amérique latine et de la Caraïbe, s’est tenue à La Havane du 15 au 17 juillet. Fondé en 1990 par le président cubain Fidel Castro et celui qui n’était encore que le dirigeant au Brésil du Parti des travailleurs (PT), Luiz Inácio Lula da Silva, ce rassemblement accueillit d’emblée tant des partis de gauche modérés que des formations forgées dans la lutte armée, des partis communistes (dont le PCC cubain) et leurs différentes scissions. « Affronter le néolibéralisme en Amérique latine, nous expliquera bien plus tard Valter Pomar, membre de la direction nationale du PT, exigeait une attitude ouverte et plurielle, prenant en compte tant la crise traversée par le communisme que celle frappant la social-démocratie. »
……………….

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lundi 13 août 2018

Rapport préliminaire de la Commission Vérité, Justice et Paix

Les informations suivantes sont prises du

Rapport préliminaire juillet 2018 de la Commission Vérité, Justice et Paix – Nicaragua

Le pays a subi des dégâts matériels très importants pendant ces mois de violences, la majorité par des bandes de délinquants de l’opposition.

Destructions du secteur public et privé

Ont été saccagés :

20 supermarchés – 15 magasins électrodomestiques – 5 restaurants – 4 médias de communications – 3 succursales de banque – 1 entreprise de téléphonie mobile – 3 restaurants rapides et 9 autres centres commerciaux au niveau national. 20 magasins Wal-Mart ont été saccagés – 14 supermarchés Pali, 5 Maxi Pali – 1 supermarché La Union – 2 magasins La Curacao – 1 dépôt Tropigas – Radio Shack.

Le secteur touristique a été le plus affecté. Au 2O juin l’activité hôtelière et de restaurants s’est réduit à 25,6%. A Granada et Leon, les principales villes touristiques, 25% des restaurants ont fermé.

Le secteur de la petite entreprise, particulièrement vulnérable a dû licencier du personnel

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mercredi 1 août 2018

Le Journal Notre Amerique : le Nicaragua sous le feu des projecteurs

03 Juil 2018 de Alex Anfruns






Comme si c’était un signe prémonitoire, l’actuelle vague de protestations au Nicaragua a été précédée d’un grand incendie : début avril, la réserve naturelle Indio Maiz, au sud du pays, avait perdu 5.000 hectares. Déjà, cet événement avait été instrumentalisé pour faire croire que le gouvernement de Daniel Ortega avait un quelconque intérêt à profiter de ce drame environnemental !

A l’origine de ces soupçons, le refus de l’aide proposée par l’un des pays voisins, le Costa Rica, tandis que le gouvernement avait préféré, pour des raisons techniques, accepter l’aide du Mexique. Et voilà comment la première phase de la diabolisation du président Daniel Ortega a été enclenchée. Puis, suite à une manifestation contre la réforme des pensions, l’engrenage de la propagande massive a été lancé. Le gouvernement nicaraguayen a été désigné coupable, quoi qu’il dise ou fasse. Il y a un air de déjà vu : selon le discours eurocentrique de nos médias, un leader du Sud serait inapte à gouverner selon les valeurs de nos chères “démocraties”. Mais pourquoi se tireraient-ils systématiquement une balle dans le pied en donnant toujours un prétexte idéal à leurs adversaires ?

Dès que les médias privés parlent d’Evo, Lula, Correa, Maduro ou Ortega, c’est aux accusés de fournir la preuve de leur innocence. Et pourtant, la même chose n’a jamais été envisagée pour nos dirigeants, qui jouissent d’un traitement de faveur. Quand Bush a décidé d’envahir l’Irak, il lui a suffi de demander à son porte-parole de faire une petite mise en scène aux Nations Unies. Les millions de pacifistes rassemblés dans le monde entier auraient aimé voir l’ensemble des médias se prononcer de façon unanime et déclarer cette guerre illégale. A nous de rester vigilants pour empêcher les suivantes.

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Comment enfler une liste de morts contre un gouvernement

Cette investigation concernant les rapports des organismes des Droits humains se trouve sur le site Lista informativa Nicaragua y mas espanol et comporte tous les noms, âge, circonstance des personnes mortes dans le contexte des protestations.

1 -Le CENIDH - Centre Nicaraguayen des droits humains

Fondé en 1990, il est présidé par Vilma Nuñez de Escorcia. Il a émis trois rapports, le premier le 4 mai pour la période du 19 avril au 4 mai, le deuxième le 17 mai pour la période du 1ier au 15 mai et le troisième le 18 juin pour la période du 16 mai au 18 juin, sous le titre : Assassinés et blessés produit de la répression et de la violence du gouvernement. Il faut observer que ce titre affirme de façon irresponsable et arbitraire que ces morts sont la conséquence directe de la violence de la part du gouvernement. De leurs listes 167 morts ont été identifiés jusqu’à la date du 18 juin. Toutefois au moins 19 citoyens sont morts dans un contexte en dehors des protestations :

- Pendant le vol d’une moto ou voiture 6 personnes

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samedi 21 juillet 2018

Célébration du 19 juillet

Nica.jpg Nica 3.jpg Toutes les photos sont de Giorgio Trucchi

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jeudi 19 juillet 2018

Nouvelles de nos projets

1Taller Madroño.jpg

Le Centre Angelita Morales

L’institutrice Tania Latino enseigne les trois niveaux de l’école primaire. Il y a 2 élèves au premier niveau, 3 au deuxième et 6 au troisième. L’âge des élèves va de 8 à 13 ans. Les enfants viennent des bidonvilles proches du quartier Las Colinas. Sauf pour 4 d’entre eux, ce sont les mères qui assurent l’éducation. Parmi eux il n’y a qu’une famille nombreuse (6 enfants). La fréquentation était irrégulière à cause des évènements violents depuis le 18 avril. Laura continue les ateliers de peinture, un moment de détente pour ces jeunes.

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lundi 9 juillet 2018

Nicaragua – par Jorge Capelan – le 1 juin 2018

Cet article a été écrit pour répondre à une campagne de désinformation dans les pays scandinaves.

Larges extraits

_ Jusqu’il y a peu de temps, le Nicaragua fut un pays exemplaire en Amérique centrale, une des régions les plus violentes du monde.

_ Les indices de criminalité furent les plus bas d’Amérique Latine

_ La croissance économique, entre 4 et 5%, fut la deuxième de la région, après Panama

_ C’était un des pays d’Amérique Latine avec la plus forte réduction de la pauvreté absolue et relative.

_ C’était le seul pays de la région qui produisait lui-même 90% des aliments consommés

_ C’était un des rares pays d’Amérique Latine et du tiers-monde qui produisait tous les livres scolaires pour tous les niveaux, de la primaire à l’université et pour l’Education des adultes

_ Il avait réussi à freiner l’exode vers les Etats-Unis

_ Il était en train de se convertir en une destination touristique mondialement reconnue par les voyageurs à la recherche de paix, de tranquillité et d’expériences culturelles saines et respectueuses de l’environnement

_ Il avait atteint un niveau de participation politique de la femme qu’on ne trouve que dans les pays développés

_ Il avait réussi à freiner les cartels de la drogue et du le crime organisé.

En quelques semaines cette image de développement humain et soutenable au milieu d’une région centraméricaine souffrant de misère et de criminalité a été sérieusement endommagée.

Pourquoi ? Parce qu’on est en présence d’une rébellion populaire contre un régime injuste et tyrannique ? NON !

Ce qui se passe au Nicaragua n’est pas une insurrection populaire, mais une opération de changement de régime. Le peuple n’accule pas le gouvernement, ce sont des groupes de l’extrême droite appuyés par des bandes de délinquants qui ont pris en otage la population depuis des semaines, ce alors les forces de l’ordre ont reçu des ordres stricts de ne pas quitter leurs installations pour réprimer les terroristes.

Ce que font les supposés « paladins de la démocratie » au Nicaragua, c’est couper les routes empêchant les gens d’aller au travail, les paysans à sortir leurs récoltes, les personnes âgées et les malades à percevoir leurs retraites et à obtenir des médicaments, aux enfants et jeunes d’aller étudier. Ils menacent les gens, interdisent de les filmer, les séquestrent …. En plus, ils saccagent et brûlent les biens publics, les centres de santé, les ambulances, les écoles, les bureaux du FSLN.

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jeudi 17 mai 2018

Situation au Nicaragua par Maurice Lemoine

C’est dans une déclaration datée du 16 avril que le président de l’Institut nicaraguayen de sécurité sociale (INSS) Roberto López a rendu publiques une série de mesures destinées à redresser l’institution, laquelle annonce un déficit de 71 millions de dollars (59,8 millions d’euros). Ratifiée le 18 avril par la « résolution 1/317 » du président Daniel Ortega, l’un des leaders de la révolution qui, en 1979, renversa la dictature d’Anastasio Somoza, cette réforme augmentait les cotisations des employeurs, des travailleurs et, surtout, instaurait sur les retraites une contribution spéciale de 5 %. Après un moment de stupeur, cette amputation du pouvoir d’achat d’hommes et de femmes âgés souvent très modestes a provoqué un fort rejet.

Emmenés dans un premier temps par des groupes d’étudiants de l’Université centraméricaine (UCA ; jésuite) et de l’Université polytechnique du Nicaragua (UPOLI) « solidaires de leurs anciens », des milliers de manifestants occupèrent la rue dès le 18 avril contre ce « paquete » qualifié d’« illégal et inhumain ». En quelques heures, cette protestation s’étendit et gagna les villes de province (Jinotepe, Diriamba, Granada, León) et prit un caractère violent, des groupes d’individus vandalisant installations du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, au pouvoir), commerces et supermarchés. Une répression particulièrement « musclée » de la police anti-émeutes et des heurts avec des groupes de contre-manifestants provoquèrent les premières victimes – quatre morts le troisième jour, dont un policier tué par un coup de fusil.

Dès le 21 avril, prenant conscience de l’ampleur du mécontentement, le président Ortega fait marche arrière en appelant à un dialogue national après avoir annoncé la révocation de la « résolution 1/317 ». Ce rapide recul ne provoque aucun effet : une large opposition allant du Conseil supérieur de l’entreprise privée (Cosep) et des partis de droite traditionnels jusqu’aux étudiants et à la classe moyenne en passant par les « dissidents », supposément de centre-gauche, du Mouvement de rénovation sandiniste (MRS) affichent leur détermination de continuer la lutte jusqu’à l’obtention du départ d’Ortega et de son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, élue en même temps que lui.

A l’appel du Cosep et des étudiants, les rues de Managua s’embrasent à nouveau le lundi 23 avril contre le gouvernement et, le 28, convoquée par l’Eglise, une « marche pour la paix », au cri de « qu’ils s’en aillent ! », exige « la fin du régime » et réclame la justice pour les morts des dernières semaines – les chiffres annoncés, très imprécis, iront de quarante-trois à soixante-trois.

Tout aussi importante, bien que très peu médiatisée, une manifestation monstre des secteurs populaires sandinistes « pour la paix et le dialogue » réagit le 30 avril en appui au chef de l’Etat.

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mercredi 16 mai 2018

Le Nicaragua dans la tourmente.

(rédigé le 15 mai 2018)

La vague de protestations et de violence qui frappe le Nicaragua depuis le 18 avril ont surpris tout le monde et malgré les appels au calme, les saccages et les destructions continuent.

En même temps ont lieu des marches pour la paix avec la participation de milliers d’habitants.

Les messages les plus fous circulent sur les réseaux sociaux avec des nombres fantaisistes de morts, de blessés, de disparus attribués au gouvernement sans la moindre investigation.

Ce sont les mesures prises par le gouvernement pour assainir le déficit de la Sécurité Social qui ont déclenché la mobilisation des étudiants même si le gouvernement a vite fait marche arrière. Les manifestations ont été très violentes dès le début avec incendies d’écoles, d’hôpitaux, de centres commerciaux, d’édifices publics…

Les raisons de mécontentement de la population ne manquent pas.
Le cas le plus emblématique est celui de Roberto Rivas, président du Conseil Supérieur Electoral qui a accumulé une fortune colossale.

Le mouvement des femmes lutte aussi depuis des années pour la légalisation de l’avortement sans être entendu.
Le contrat avec l’entreprise chinoise par la loi 840 pour la concession du mégaprojet du canal a mobilisé souvent des populations concernées sans qu’elles reçoivent une réponse à leurs revendications.

Malgré la croissance économique continue depuis des années, le Nicaragua reste le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique Latine derrière Haïti tandis qu’un secteur de la population s’est beaucoup enrichi.

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Nicaragua : les causes d’une révolte

• Aurore Lartigue, Bernard Duterme

• 27 avril 2018

• Pays : Nicaragua

En amont de l’épisode tragique de contestations et de répression – 34 morts en trois ou quatre jours – que traverse le Nicaragua, Bernard Duterme, directeur du CETRI et auteur de Toujours sandiniste, le Nicaragua ? (Bruxelles, 2017), a répondu aux questions d’Aurore Lartigue pour le magazine Géo. Si l’actuel gouvernement nicaraguayen s’affiche socialiste, progressiste et démocratique, l’analyse des politiques menées cette dernière décennie met au jour son caractère profondément néolibéral sur le plan économique, confusément (ultra-)conservateur en matières familiale, morale et religieuse et absolument autocratique sur le plan politique. D’où la forte légitimité des contestations en cours, mais aussi leur difficulté à s’affirmer dans une configuration sociopolitique aussi particulière, sur fond d’un basculement de conjoncture internationale défavorable à l’économie nicaraguayenne.

Peut-on parler de dérives autoritaires pour qualifier le régime du président Ortega ?

Avant même son retour à la tête du pays en 2006, Daniel Ortega et son instrument politique – le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) dont il a gardé la direction – ont œuvré assidûment à la reconstruction de l’influence perdue sur les différentes sphères de pouvoir (suite à la défaite électorale de 1990). L’autocratisme régnant actuellement, plus qu’une dérive, est à considérer comme l’aboutissement d’un long processus de reconquête et de concentration du pouvoir, par des voies et moyens qui ont régulièrement franchi les limites de la légitimité et de la légalité, et qui ont bradé « l’institutionnalité démocratique » que les sandinistes eux-mêmes avaient édifiée dans la Constitution nationale de 1987. Aujourd’hui, le couple présidentiel (Rosario Murillo, l’épouse du président Ortega, a été élue vice-présidente de la République en novembre 2016) a la mainmise sur l’ensemble des pouvoirs de l’État (exécutif, législatif, judiciaire et électoral), mais également sur une bonne moitié des médias et sur plusieurs grands groupes entrepreneuriaux. Leur domicile privé est à la fois le siège central du FSLN et l’endroit d’où Ortega et Murillo gouvernent le pays, ajoutant ainsi la patrimonialisation du parti et de l’État, ainsi qu’un certain népotisme – les enfants du couple régnant occupent des postes clés de l’économie nationale –, à l’inféodation des institutions, de la police et de l’armée. Depuis les dernières élections locales de novembre 2017, quelque 90% des municipalités sont aux mains du FSLN.

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samedi 3 mars 2018

Lettre d’info hiver 2017/2018

Bonjour,

Nous avons pris un peu de retard dans la rédaction de cette lettre d’info et vous prions de nous excuser.

Nous souhaitions vous informer à la fois des différents évènements en Amérique Centrale, faire le bilan de l’année écoulée et vous tenir au courant de la nouvelle année scolaire qui a débuté en février.

Vous trouverez donc ci-joint :

- Un article concernant les élections présidentielles au Costa Rica.

Comme prévu, aucun des candidats à la présidence n’a obtenu les 40% nécessaire.

Fabricio Alvarado, un évangéliste de 43 ans du Partido de Restauracion Nacional est arrivé en tête avec 24,73%. Il a axé toute sa campagne à la défense de la famille traditionnelle, s’opposant au mariage pour tous.

Carlos Alvarado , 38 ans du Parti « Accion Ciudadano » a obtenu 21,74% des votes.

L’abstention était de plus de 35%.

Le 2ième tour aura lieu le 1ier avril.

- Un communiqué concernant les évènements au Honduras suite à l’élection frauduleuse de Juan Orlando Hernandez (JOH). La contestation continue et la situation reste préoccupante.

- Nous suivons aussi la campagne électorale de la candidate indépendante désignée par le Conseil Indigène comme porte-parole Maria de Jesus Patricio, appelée Marichuy

- Le Bilan financier de notre association et les commentaires de Joseph, le trésorier

- Les élections législatives et municipales au Salvador

- La rentrée scolaire 2018-03-03

En plus, j’ai quelques problèmes avec le site.

Nous serions heureux de connaître les thèmes qui vous intéressent le plus.

Bien sincères salutations

Ruth Mougel

Une nouvelle année scolaire

La nouvelle année scolaire a commencé le 5 février dans les trois centres.

Un grand effort est fait pour rapprocher davantage les centres autour d’un même programme. Ainsi la psychologue du Doris ,Cristian Padilla, travaille maintenant au CDI et Cindy Molina au Doris. Les classes des deux premières années d’enseignement primaire des deux centres ont été réunies au CDI avec leurs enseignants. Le programme éducatif, soit sa vision, sa mission et ses valeurs a été expliqué aux enfants.

CDI Eduardo Contreras

A la crèche il y a 51 bébés, les trois niveaux de la maternelle réunissent 152 enfants et en primaire il y a 253 enfants, soit un total de 456 enfants. Les inscriptions restent ouvertes dans les trois centres.

Deux nouvelles salles de classe ont été aménagées pour accueillir les enfants qui commencent l’enseignement primaire. Tout le centre a été repeint et les toilettes réparées.

Les cours d’été ont eu lieu du 5 au 30 janvier et ont permis à 30 enfants de se mettre à niveau dans les matières dans lesquelles ils avaient des difficultés.

Au CDI 28 enfants nécessitent une éducation spéciale adaptée à leurs différents handicaps.

Une infirmière, Santos Mendoza, surveille la santé des enfants et le Dr. Heberto Vanegas vient bénévolement - comme depuis des années – donner des consultations.

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Rentrée scolaire 2018

La nouvelle année scolaire a commencé le 5 février dans les trois centres.

Un grand effort est fait pour rapprocher davantage les centres autour d’un même programme. Ainsi la psychologue du Doris ,Cristian Padilla, travaille maintenant au CDI et Cindy Molina au Doris. Les classes des deux premières années d’enseignement primaire des deux centres ont été réunies au CDI avec leurs enseignants. Le programme éducatif, soit sa vision, sa mission et ses valeurs a été expliqué aux enfants.

CDI Eduardo Contreras

A la crèche il y a 51 bébés, les trois niveaux de la maternelle réunissent 152 enfants et en primaire il y a 253 enfants, soit un total de 456 enfants. Les inscriptions restent ouvertes dans les trois centres. Deux nouvelles salles de classe ont été aménagées pour accueillir les enfants qui commencent l’enseignement primaire. Tout le centre a été repeint et les toilettes réparées.

Les cours d’été ont eu lieu du 5 au 30 janvier et ont permis à 30 enfants de se mettre à niveau dans les matières dans lesquelles ils avaient des difficultés.

Au CDI 28 enfants nécessitent une éducation spéciale adaptée à leurs différents handicaps.

Une infirmière, Santos Mendoza, surveille la santé des enfants et le Dr. Heberto Vanegas vient bénévolement - comme depuis des années – donner des consultations.

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mardi 27 février 2018

El Salvador – Elections du 4 mars 2018

5,1 millions de Salvadoriens sont convoqués par le Tribunal Suprême Electoral pour élire 84 députés de l’Assemblée Législative et les maires des 262 municipalités de ce pays de 6,5 millions d’habitants.

La campagne électorale a commencé le 3 janvier. Huit partis y participent, parmi eux le parti au pouvoir, le FMLN (Front Farabundi Marti de Libération Nationale) et ARENA, le parti de droite (Alianza Republicana Nacionalista)

La population montre peu d’intérêt pour ces élections.

Même si le futur du pays dépend tellement des ressources naturelles et surtout de l’eau, les candidats parlent très peu de l’écologie. Pourtant le Salvador est très vulnérable face au changement climatique.

Le pays subit une déforestation importante et les sols sont dégradés. Le Salvador a la plus forte densité d’habitants de l’hémisphère, soit 342 habitants par km2.

L’eau est un vrai problème, cependant peu de partis (sauf le FMLN) insistent sur la nécessité d’approuver la loi générale des Eaux. Seulement 30,6% de l’eau est destiné à la consommation contre 5O,6% à l’agriculture.

Pour le moment l’ARENA est en tête des sondages.

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